FILS DE GOURAYA
La communauté des gens de Gouraya est très bien implantée dans le Nord de
la France et notamment sur les communes de Libercourt (Pas de calais), Ostricourt
et Tourcoing (Nord) et notament dans le Sud (Aude), Carcassonne, Mazamet, Limoux
et Toulouse (31).
Les premières vagues d'immigration ont eu lieu dans les années 50 au moment
ou la France avait énormément besoin d'une main d'oeuvre non qualifiée pour
reconstruire le pays et soutenir l'essor économique. Les premiers ont été recrutés
en Algérie pour alimenter les usines de textile et/ou extraire le charbon des
mines du Nord de la France. L'intégration de cette première vague ne s'est pas
faite sans douleur, sachant qu'à cette époque l'Algérie entamait son processus
d'indépendance.
Ils sont venus de leur montagne et de leur village ne sachant ni lire ni
écrire afin de donner à leurs enfants un avenir qu'ils espéraient moins rude.
Aujourd'hui, cette communauté a grandi et prospère dans ces communes. La troisième
génération commence à trouver ses marques. Le pari semble gagné même si tout
n'est pas joué.
Les liens au sein de cette communauté restent importants. En effet elle fait
preuve de solidarité, d'entraide, et de générosité dans les moments forts (mariage,
décès, tragédie).
Malgré la double nationalité des jeunes de la seconde génération, le lien
identitaire reste fort. Tout nous rattache au pays : la langue, les plats traditionnels
que nos parents continuent à faire (Hahrcti, Hasban, Arloum lepsal, melhk, Moriuze,
bolcohess, el djouaze ), nos montagnes (M'hava, Atahli, Mrabah, Essardonnen),
la facilité que les gens de Gouraya ont pour donner des surnoms, et surtout
les souvenirs de nos voyages. Si bon nombre d'entre nous non pas remis les pieds
en Algérie.
Aujourd'hui les choses ont changé.
Ils nous tardent tous de retrouver notre village.
Texte: Nordine Touchi et Aissa Ould-Rabah.